Consultez les ressources sur l'évaluation des élèves

Vous trouverez dans cette rubrique une documentation pour alimenter la réflexion sur l’évaluation des élèves : liste d’ouvrages, bibliographies, articles scientifiques, rapports, etc.

Cette rubrique sera enrichie au fur et à mesure de l’avancée des débats.

 

Généralités

Question 1 : comment l’évaluation peut-elle être au service des apprentissages des élèves et participer à leurs progrès ?

Question 2 : comment rendre compte aux familles des progrès des élèves ?

Question 3 : quelle place et quelle forme de la notation dans l’évaluation des élèves ?

Question 4 : quels doivent être les moments de l’évaluation dans les parcours des élèves ?

Question 5 : comment mobiliser les évaluations dans la détermination des parcours des élèves, leurs choix d’orientation et les procédures d’affectation ?

 

 

Généralités

Le principe de l’évolution des modalités de la notation des élèves, afin d’éviter une "notation-sanction" à faible valeur pédagogique et privilégier une évaluation positive, simple et lisible, valorisant les progrès, encourageant les initiatives et compréhensible par les familles" est inscrit dans la loi du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République.

 Les élèves français souffrent aujourd’hui des effets négatifs d’une évaluation qui parfois ne prend  en compte que leurs lacunes, qui peut les décourager dans leurs apprentissages et les freiner dans leurs parcours. Les élèves les plus en difficulté subissent trop souvent des évaluations dont ils ne comprennent pas toujours les codes, ni les attendus implicites que les élèves les plus favorisés culturellement acquièrent en dehors de l’école.

L’évaluation des élèves doit être au service de leurs apprentissages. Information indispensable pour les familles, composante des choix d’orientation, l’évaluation est, pour les enseignants, un outil d’estimation du niveau d’acquisition des connaissances et des compétences de leurs élèves, d’identification de leurs fragilités et de mesure du degré de réussite. Elle doit s’inscrire, pour les élèves, dans une démarche leur permettant de progresser par une connaissance objective de leurs acquis.

Les objectifs, les principes et les modalités de l’évaluation des élèves doivent être partagés par tous : élèves, familles, enseignants, équipes pédagogiques et éducatives.

C’est le sens de la Conférence nationale sur l’évaluation des élèves, qui mobilise la communauté scientifique, les professionnels de l’éducation, les membres de la communauté éducative pour les faire dialoguer avec l’ensemble de la société afin d‘aider à la définition de la politique d’évaluation des élèves.

 

Recherche

Evaluer pour (mieux) apprendre, Dossier de veille de l'IFE, Septembre 2014

Consulter le document

Un parcours d'auto-formation en ligne sur la base d'un PREZI; inspiré de l'approche "assesment for learning" en cours dans plusieurs pays anglo-saxons et nordiques, et vulgarisé au Québec

Rapports et études

IGEN 2013 La notation et l’évaluation des élèves

Consulter le document

 

Un peu d'histoire

La notation, un sujet ancien : Une circulaire de 1969 qui met la question de l'évaluation des élèves en perspective

Consulter le document

 

Premiers éléments de repères bibliographiques :

Antibi André (2003). La constante macabre ou comment a-t-on découragé des générations d’élèves ? [s.l.] : Math’Adore.

Butera Fabrizio, Buchs Céline & Darnon Céline(dir.) (2011). L’évaluation, une menace ? Paris : Presses universitaires de France.

Castincaud Florence, Zakhartchouk Jean-Michel (2014). L’évaluation, plus juste et plus efficace : comment faire ? Coll. « Repères pour agir ». Amiens : Canopé-CRDP.

Maulini Olivier (2012). « Resserrer ou justifier les classements ? L’évaluation scolaire entre deux injonctions ». Diversité, n° 169, p. 133-137

 

Des ressources vidéo ou en ligne :

 

Question 1 : comment l’évaluation peut-elle être au service des apprentissages des élèves et participer à leurs progrès ?

Les pratiques d'évaluation dans la classe sont aujourd'hui dominées implicitement comme explicitement par une représentation « sommative» de l'évaluation des élèves.

Faire des outils d'évaluation  un levier visant à mieux traduire la progressivité des apprentissages des jeunes oblige à diversifier les pratiques d'évaluation tout en conservant une cohérence globale de ces outils.

Plus précisément, il s'agit de placer l'évaluation au cœur de la stratégie pédagogique du développement des connaissances et compétences de l'élève.

Pour ce faire, il convient de bien maîtriser les articulations entre les trois finalités dominantes de l'évaluation : diagnostique, formative et sommative.

Progresser dans une dimension participative de l'évaluation conduit à renforcer une culture de l'évaluation, parfois fortement pratiquée à l’étranger, mais finalement peu présente en France.

Notre système éducatif a essentiellement mobilisé la composante diagnostique des évaluations (évaluations diagnostiques de CM2 et de 6ème) et la composante sommative, notamment via l'essor récent des évaluations internationales standardisées de type PIRLS ou PISA.

Compléter ces finalités de l'évaluation par une composante formative ouvre le débat de « l'autoévaluation » de l'élève, c'est-à-dire celui de la relation pédagogique entre l'enseignant et l'élève où ce dernier peut bénéficier d'une forme de rétroaction sur l'appréciation portée par l'enseignant sur les situations d'apprentissage. À cet égard, l'affirmation d'une composante formative de l'évaluation, dont les contours restent à délimiter, est une question centrale pour affirmer une forme d'évaluation plus participative de la progression des savoirs et des compétences dans le parcours des élèves.

 

Premiers éléments de repères bibliographiques :

Black P., Wiliam, D., 2010, Inside the black box: raising standards through classroom assessment, Kappan Magazine, 92(1), 81-90

Earl, L., 2003, Assessments as Learning : Using classroom assessment to maximize student learning, Thousand Oaks, Corving Press, California

Looney, J.W., 2011, “Integrating Formative and Summative Assessement: Progress Toward a Seamless System ?, OECD Education Working Papers, N°58; Paris

OECD, 2005, Formative Assessment: Improving Learning in Secondary Classrooms, OECD Pusblishing, Paris

Rogalski J., 2003, Y a-t-il un pilote dans la classe ? Une analyse de l’activité de l’enseignant comme gestion d’un environnement dynamique ouvert, Recherche en didactique des mathématiques, 23 (3), 343-388

Rey O., Feyfant A., 2014, Evaluer pour faire Apprendre, Dossier de veille n°94, IFE, Lyon

Wiliam D, 2006, “Formative Assessment: Getting the focus right”, Educational Assessment, Vol. 11

 

Des ressources vidéo ou en ligne :

 

Question 2 : comment rendre compte aux familles des progrès des élèves ?

La réforme actuellement envisagée des programmes et des attendus du socle (avec la rédaction du nouveau socle commun de connaissances, de connaisses et de culture) est une opportunité pour mettre en concordance les attendus de connaissances et de compétences des élèves avec les outils de mesure et « d'évaluation » qui les accompagnent. La loi de 2005, et la mise en place du socle commun de connaissances et de compétences qui la sous-tend, n'ont en effet pas trouvé de traduction satisfaisante en matière d'évaluation.

Rendre compte aux parents d'élèves de la réalité des progrès des élèves tout au long de leur parcours scolaire demeure un enjeu. À ce jour, conseils de cycles et conseils de classes sont les principaux instruments construisant cette restitution aux parents du niveau scolaire des élèves.

Le livret scolaire est l'instrument premier de cette restitution, tout au long du parcours, complété au final par l'acquisition du diplôme national du brevet et du livret personnel de compétences qui lui reste subordonné. Ce livret scolaire, où le poids de la notation de l'élève est largement dominant – même si une appréciation disciplinaire et globale de l'élève la complète – est ainsi le principal outil reflétant la progression du parcours de l'élève.

 La perception que les parents d'élèves peuvent avoir de la multiplicité de ces outils de mesure et « d'évaluation » n'est pas clairement associée à une complémentarité établie entre eux. La manière dont ils sont utilisés, la cohérence qu'ils dessinent de la situation de l'élève ainsi que leur mobilisation dans le dialogue et la restitution auprès des parents de la situation d'apprentissage des jeunes sont ainsi sujets à amélioration.

De même, d'une façon plus générale, la médiation entre enseignants et parents d'élèves sur le sujet de l'évaluation mérite une réflexion élargie quant aux formes d'échanges et de dialogue à instaurer entre composantes formelles et composantes plus informelles de cette relation.

 

Premiers éléments de repères bibliographiques :

Daussin J.M., Rocher T, Trosseille B., 2011, l’attestation du socle commun est-elle soluble dans le jugement des enseignants, in Quéré M. (Dir.), Connaissances, compétences et parcours, La Documentation Française, Paris.

Bodin A., 2007, Dissonnances et convergences évaluatives. De l’évaluation dans la classe aux évaluations internationales : quelle cohérence ?, Bulletin de l’APMEP, 474, 47-214

Rochex J.Y. et Crinon J. (dir), 2011, la construction des inégalités scolaires. Au cœur des pratiques et des dispositifs d’enseignement, PUR, Rennes

 

Des ressources vidéo :

 

Question 3 : quelle place et quelle forme de la notation dans l’évaluation des élèves ?

La note reste en France le vecteur premier visant à traduire le niveau des élèves, et un repère auquel les parents d'élèves sont fortement attachés. La note présente l'avantage de positionner, certes d'une façon plus ou moins discutable, un élève au sein d'un groupe classe. Interroger la notation est d'abord une interrogation sur la comparabilité des élèves entre eux et sur la manière dont le système de notation peut repérer efficacement la position de l'élève dans son groupe classe. En second lieu, la note est aussi une manière de questionner, de responsabiliser l'enseignant dans son rapport et dans son apport pédagogique à l'élève. Cela est d'autant plus essentiel que la note est un jugement de l'enseignant, dont les études de docimologie montrent le caractère subjectif en raison des multiples influences dont le correcteur fait l'objet, y compris à son corps défendant. La note reste un jugement de l'enseignant sous influence, un outil de hiérarchisation et de sélection progressive entre les élèves, avant d'être un outil permettant de mesurer une progressivité des apprentissages observés.

Outre son statut propre et son rôle dans les processus d'évaluation, la note mérite également d'être questionnée dans ses modalités d'utilisation : recours à des barèmes mieux pensés, formes tronquées des notations par un seuil minimum dans l’échelle des notes pour ne pas décourager par trop les élèves, recours plus important à l'anonymat des copies faisant l'objet de notations, etc.

 

Premiers éléments de repères bibliographiques :

De Landsheere, G, 1976, Evaluation continue et examens -  Précis de docimologie, Paris, Nathan

Jonsson A, and G. Svingby, 2007, “The Use of Scoring Rubrics : Reliability, Validity and Educational Consequences”, Educational Research Review, 2, 130-144

Merle P., 2007, Les notes. Secrets de fabrication, PUF, Paris

 

Des ressources vidéo :

 

Question 4 : quels doivent être les moments de l’évaluation dans les parcours des élèves ?

En relation aux attendus d'une évaluation participative et à l'importance de la composante formative des pratiques d'évaluation des élèves, il importe de réfléchir sur le sujet « quelles évaluations à quels moments du parcours de l'élève ». Cela renvoie évidemment aux formes d'interrogations et d'examens qui viennent conclure le parcours scolaire des jeunes (DNB et baccalauréat) ; cela revient également à interroger les formes intermédiaires d'évaluations (notes, livret scolaire, livret personnel de compétences) et la place à accorder à des modalités d'évaluation dites standardisées portées par le ministère au niveau national (DEPP) et international (OCDE, IEA).

Dans un monde idéal, l'évaluation des élèves devrait pouvoir se concevoir comme un système d'évaluation où les composantes diagnostiques, formatives et sommatives seraient harmonieusement séquencées à des moments clés du parcours des élèves.

Une réflexion est à mener sur les temps de l'évaluation, leur ordonnancement dans le parcours scolaire ainsi que sur la manière dont est régi l'espace intermédiaire entre l'initiative diversifiée portée par chaque enseignant dans le face à face pédagogique avec ses élèves (la liberté pédagogique de l'enseignant dans le respect de la mise en œuvre des attendus des programmes) et l'examen conclusif d'une étape des parcours que peuvent représenter le DNB ou le baccalauréat.

 

Premiers éléments de repères bibliographiques :

Bertemes J. (2012), L’approche par compétences au Luxembourg. Une réforme en profondeur du système scolaire, in Villeneuve JL., Le socle commun en France et ailleurs, Le Manuscrit, Paris

Crahay M., 2007, Feedback de l’enseignant et apprentissage des élèves : revue critique de la littérature de recherche, in Allal L. et Mottier lopez L., Régulation des apprentissages en situation scolaire et en formation, De Boeck, Bruxelles, 45-70

Des ressources vidéo ou en ligne :

Question 5 : comment mobiliser les évaluations dans la détermination des parcours des élèves, leurs choix d’orientation et les procédures d’affectation ?

 

Le système d'évaluation des élèves est évidemment déterminant dans l'orientation des parcours scolaires et dans la détermination progressive des choix d'orientation qui restent aujourd'hui largement subordonnés aux outils d'évaluation que constituent le système de notation et les appréciations afférentes au livret scolaire.

Dès lors que l'on envisage de faire évoluer ces outils, et en particulier de les améliorer en approchant plus avant la qualité des compétences apprises et détenues par les jeunes, il convient d’être en mesure de pouvoir estimer plus finement et plus justement l'adéquation entre les attentes des jeunes dans leurs parcours et l'appréciation que les adultes orientant ces parcours peuvent porter sur ces attendus de choix.

L’appréciation portée sur l’élève par les outils d’évaluation disponibles devraient permettre une médiation et un échange enrichis avec les parents d’élèves pour faire des choix d’orientation des élèves un choix positif et mieux partagé entre les parents et les institutions scolaires.

 

Premiers éléments de repères bibliographiques :

Colsaet F., Mevel Y. (2011), Evaluer à l’heure des compétences, Cahiers Pédagogiques, N°491, 15-61

Merle P., 1998, Sociologie de l’évaluation scolaire, PUF, Paris

Morlaix S., 2009, Compétences des élèves et dynamique des apprentissages, PUR, Rennes

Rey O., 2012, Le défi de l’évaluation des compétences, Dossier de veille n°76, IFE, Lyon

Schneider-Gilot M., 2006, Quand le courant pédagogique « des compétences » empêche une structuration des enseignements autour de l’étude et de la classification des questions parentes, Revue Française de Pédagogie, 154, 85-96