Pourquoi une Conférence sur l’évaluation des élèves ?

L’évaluation doit devenir un véritable outil de réussite qui permette à tous les élèves de mieux mesurer les progrès qu’ils réalisent dans leurs apprentissages, de prendre confiance dans leurs capacités et d’identifier leurs difficultés pour y remédier.

Afin de nourrir la réflexion et de définir des objectifs, des principes et des modalités partagés par les élèves, les familles, les enseignants et les équipes pédagogiques, la ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat Vallaud-Belkacem, souhaite recueillir une série de propositions émanant de la société civile.

La Conférence nationale sur l’évaluation des élèves est une démarche originale, ambitieuse et participative. Un Jury, composé d’acteurs et d’usagers du système éducatif, est convié à élaborer des recommandations fondées sur les résultats de la recherche, les connaissances scientifiques, et les pratiques de terrain, nationales et internationales. Un Comité d’organisation a été constitué pour accompagner cette démarche, qui s’achèvera par les Journées de l’évaluation, du 11 au 13 décembre 2014. À l’issue de ces Journées, le Jury remettra ses recommandations à la ministre.

Présentation par Najat Vallaud-Belkacem

 

 

Les questions soumises à la Conférence nationale sur l'évaluation des élèves

Question 1 : Comment l’évaluation peut-elle être au service des apprentissages des élèves et participer à leurs progrès ?

L'évaluation a différentes fonctions : estimer les connaissances et compétences des élèves, diagnostiquer leurs difficultés, mesurer ce qu’ils ont appris à la fin d’une phase de formation, accompagner leur progression, certifier l’acquisition de connaissances et de compétences par la réussite aux examens. Si l’évaluation est ainsi au cœur des pratiques enseignantes, elle n’aide qu’insuffisamment les élèves à comprendre et apprendre de leurs erreurs, et à identifier leurs progrès. Une évaluation bien comprise et encourageante est pourtant l’une des clés de la réussite scolaire.

Quelques axes de réflexion :

Comment l’évaluation peut-elle renforcer la capacité des enseignants à adapter leur enseignement aux besoins des élèves ? Comment peut-elle leur permettre de s’assurer des effets durables de leur enseignement et de la progression régulière des élèves ? Comment associer les élèves à la démarche d’évaluation ? Comment mieux valoriser leurs progrès et tenir compte de la progressivité des apprentissages ?

Décryptage par Michel Quéré, Président du comité d'organisation et recteur de l'académie de Rennes

 

Question 2 : Comment rendre compte aux familles des progrès des élèves ?

Informer les familles est indispensable pour que les parents puissent accompagner et soutenir leurs enfants dans leur scolarité. Livret scolaire, livret de compétences, conseils de classe, réunions parents-professeurs, « contrôles » à signer : les résultats des élèves sont au cœur des échanges entre l’école et les parents. Mais les parents n’ont pas toujours le sentiment de comprendre « où en est » leur enfant, ses difficultés éventuelles et comment y remédier. En outre, tous ne disposent pas des mêmes ressources pour appréhender les « codes » de l’école, son langage, ce qui est attendu de leur enfant et d’eux-mêmes.

Quelques axes de réflexion :

Comment l’école peut-elle mobiliser les évaluations pour mieux rendre compte aux familles des progrès des élèves et pour réduire les inégalités face à l’école et dans l’école ? Quels outils peuvent faciliter le dialogue école-familles, favoriser l’implication des parents dans la scolarité de leurs enfants et rendre compréhensibles les exigences de l’école ?

Décryptage par Frédéric Thollon,  Inspecteur général de l'Éducation nationale

 

Question 3 : Quelle place et quelle forme de la notation dans l’évaluation des élèves ?

La notation est souvent confondue avec l’évaluation. Pour les élèves et leurs parents, qui y sont fortement attachés, la note et la « moyenne » apparaissent très tôt dans la scolarité comme la principale, voire la seule mesure des résultats scolaires. Or, la notation ne permet pas d’identifier précisément les difficultés rencontrées, les progrès réalisés et ceux restant à faire. Utilisée comme outil de classement et de comparaison, elle peut décourager les élèves abonnés aux « mauvaises » notes et contribuer à figer des situations d’échec. De nombreuses études ont par ailleurs montré le caractère subjectif de la notation.  

Quelques axes de réflexion :

Comment utiliser la notation pour qu’elle favorise la réussite de tous les élèves ? Quels sont les avantages respectifs des différentes formes de notation ? Quel bilan tirer des expérimentations de méthodes alternatives de notation ? Quelle place lui accorder pour l'évaluation des élèves ? Comment l'articuler et la compléter par d'autres types d'évaluation ?

Décryptage par Anne Burban,  Inspectrice générale de l'Éducation nationale

 

Question 4 : Quels doivent être les moments de l’évaluation dans les parcours des élèves ?

L’évaluation a différents objectifs (vérifier des acquis, mesurer des progrès, certifier un niveau requis), auxquels doivent correspondre différents moments d’évaluation. Ces moments sont largement déterminés par l’organisation des niveaux et des cycles, et par les attendus des programmes scolaires. Le diplôme national du brevet et le baccalauréat sont actuellement les points d’aboutissement du parcours des élèves. Ces examens influent sur les modalités d’évaluation tout au long de la scolarité.

Quelques axes de réflexion :

Quand et à quelle fréquence faut-il vérifier et certifier les acquis des élèves ? Comment articuler les outils d’évaluation et les pratiques de notation auxquels chaque enseignant a recours dans sa classe avec les moments de certification que constituent les examens et les diplômes ? Quel équilibre établir, au cours de la scolarité, entre contrôle continu, validation progressive du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, et examens finaux (brevet et baccalauréat) ?

Décryptage par Florence Robine, Directrice générale de l'enseignement scolaire

 

Question 5 : Comment mobiliser les évaluations dans la détermination des parcours des élèves, leurs choix d’orientation et les procédures d’affectation ?

L’évaluation est déterminante dans les parcours et l’orientation des élèves, au détriment parfois de leurs centres d’intérêts, de leurs goûts et de leurs motivations. Les procédures d’affectation, qui reposent essentiellement sur les résultats scolaires de l'élève, reflètent cette situation. Si le souci d’assurer toutes les chances de réussite aux élèves qui s’engagent dans un parcours est légitime, fonder l’orientation d’un élève sur les résultats délivrés par le livret scolaire ne permet pas de tenir compte de l’ensemble de ses compétences.

Quelques axes de réflexion :

Comment évaluer pour pouvoir orienter en considérant à la fois les prérequis indispensables à la réussite dans une formation donnée et les motivations des élèves ? Comment mieux valoriser une approche par les compétences dans les décisions d'orientation ? Comment articuler l’évaluation et le nouveau parcours d’information, d’orientation et de découverte du monde économique et professionnel ?

Décryptage par Medhi Cherfi, Chef du service académique du service d'information et d'orientation